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Goodbye Vietnam !

Quelques jours dans le Delta du Mekong pour clore l’épisode vietnamien avant de nous lancer à la découverte d’un nouveau pays, le Cambodge.

Coups de coeur au Vietnam : la folie de la circulation à Hanoï et Hô Chi Minh; la nourriture, délicieuse, et pas chère du tout (avec nos deux recettes préférées, la Bun Chà de Hanoï et les Bahn Xèo à Hoi An); les paysages époustouflants (sans parler de tous les endroits où nous n’avons pas eu le temps d’aller, dans le nord et à la frontière laotienne, et qui ont l’air incroyable); et les belles rencontres avec des vietnamiens ravis de pouvoir nous parler pour faire connaissance et pratiquer leur anglais (avec un nouveau parfois impressionnant, mais il faut dire que l’accent est vraiment mis sur la pratique de l’anglais, et que les enfants issus de familles assez fortunées prennent des cours du soir et le week-end avec des locuteurs natifs). Et puis surtout voir les copains !!

On a moins aimé se faire crier dessus (pour descendre ou monter dans le bus par exemple), surtout après avoir passé un mois et demi en Thaïlande et au Laos où personne n’élève jamais la voix ! ; se faire alpaguer tout le temps dans la rue dans les endroits touristiques ; avoir l’impression que certains ne t’adressent la parole que dans l’espoir de te détrousser de quelques billets.

Tout le monde avait attiré notre attention sur la différence entre le nord et le sud du pays, et nous avons pu constater qu’effectivement les arnaques sont plus communes dans le nord, et les gens bien moins chaleureux. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons décidé de ne pas aller dans la Baie d’Halong, et sans regret. Après avoir parlé avec bien d’autres voyageurs, je pense qu’on peut dire que voilà bien un endroit où il faut aller en y mettant le prix et en y passant du temps pour éviter le flot de touristes à la journée. On y reviendra peut-être !

Nous avons fini notre séjour de quinze jours (la période pendant laquelle un visa n’est pas nécessaire) épuisés par les nombreux déplacements, mais nous allons avoir le temps de nous (re)poser au Cambodge.

 

 

 

 

 

On a été expats à Hô Chi Minh Ville

Après une traversée expresse du Vietnam du nord au sud, en train, en bus et en avion, deux jours de farniente à la plage à Hoi An, et un nombre impressionnant d’excellents repas (que la nourriture vietnamienne est savoureuse !), on a retrouvé Nicolas et Florence à Hô Chi Minh Ville. Ils s’y sont installés en septembre avec leurs trois enfants (dont Aloïs qui était à la crèche avec Zélie !) et nous ont reçu chez eux pour notre plus grand plaisir.

Au programme, spectacle de marionnettes aquatiques (très impressionnant), petit tour au marché (Florence est une négociatrice hors pair, quel dommage de ne pas pouvoir emporter de souvenirs avec nous si tôt !), restaurant délicieux, balade sur les « Champs Élysées » locaux, ascension de la plus grande tour de la ville (Bitexco – l’ascenseur vous emmène au 52°étage en quelques secondes, et de là la vue panoramique est absolument sidérante), dimanche dans une piscine génialissime (grande !) et conversations à bâtons rompus. Et c’est sans évoquer l’indicible bonheur de Zélie de jouer avec un petit copain qui parle français !

Après ces presque deux mois en Asie, et un mois depuis que nous avons quitté la maison de Romain, ça fait du bien d’être à nouveau « à la maison ». De pouvoir parler de tout et de rien facilement, de coucher les enfants pour passer la soirée tranquillement entre adultes, de ne pas être à l’hôtel dans le quartier touristique, et de ne pas se faire servir pour tout. Ça va vous paraître bizarre ou dérisoire, mais quel bonheur de faire sa lessive (plutôt que de la confier à l’hôtel), de laver la vaisselle ou de préparer des crêpes (plutôt que de manger dehors). Et puis on a été gâtés en délicatesses bien de chez nous : pâtes aux câpres, hachis parmentier, cookies, croissant, beurre et confiture, ça commençait vraiment à nous manquer.

Bref merci les copains, quel plaisir d’avoir passé ce moment avec vous !

Hen gap lai !

Dans les rues bondées de Hanoï, le chauffeur de bus est un équilibriste poids lourd. Une ligne d’eau qui repousse les pétrolettes à mesure qu’elle avance, un éléphant qui se fait inexorablement une place au milieu de frétillants poissons à moteur. Dans ce flot d’anguilles, les blancs préfèrent les taxis plongeurs et leurs chauffeurs poids moyen. S’il est facile de monter à bord, il est difficile d’en descendre au bon endroit.

C’est l’occasion de rencontrer Hà, semelles compensées, sac à dos rose, petites lunettes sur le nez. Comme d’autre, elle se demande ce qu’on fait dans le bus. Si certains nous ont pris en photo, elle préfère nous poser les questions habituelles dans un anglais qui semble hésitant au premier abord. Alors que notre arrêt approche, elle saute du bus et nous accompagne jusqu’à la gare. Ces pas nous invitent à faire un détour de riz gluant, oeuf et pâte de haricot. Ces entremets lui donnent le courage de nous proposer de manger ensemble. Un goût étrange loin des sucres de fin de repas. Nous acceptons avec plaisir.

Ses parents travaillent la terre dans un village en dehors de la capitale. Quand elle rentre de l’Université il s’agit d’aller repiquer du riz ou du maïs.

Son père, employé à l’extérieur, ramène un peu d’oseille. De quoi lui payer des études d’ingénieur dans l’une des meilleures écoles du pays, chère à en croire ses intonations. A t-elle un boyfriend ? « Absolument pas ! », s’écrie t-elle, pour rien au monde elle ne devrait se laisser distraire !

Comme d’autres jeunes rencontrés sur la route, elle porte la responsabilité de nourrir sa famille dans les années à venir. Les campagnes se vident, elles envoient les cerveaux se remplir à la ville où tout est possible.

Elle ne reviendra pas dans le giron familial. Du haut de ses 20 ans elle assume d’être l’assurance-vie de ses parents.

Same same but different

Nous avons croisé beaucoup de voyageurs depuis le début de notre périple en Asie. Si beaucoup sont plus jeunes que nous, arpentent les dortoirs et se retrouvent dans les salles communes des hôtels le soir pour boire des bières et échanger des bons plans, quelques familles avec enfants se sont aussi lancées dans l’aventure.

Nous créons souvent l’étonnement, parfois l’envie ou l’admiration, plus souvent l’incompréhension. Mais pourquoi voyager avec une enfant ? Et aussi jeune en plus. Mais Zélie ne lasse pas de charmer autour d’elle, en disant quelques mots d’anglais ou de vietnamien, même si elle a souvent du mal à accepter qu’on puisse vouloir la toucher ou l’embrasser. Et ce n’est pas beaucoup plus difficile de voyager avec un enfant qu’avec un adulte. Il faut savoir faire quelques compromis et être à l’écoute, mais elle est une compagne de voyage agréable, qui ne râle pas trop quand on lui inflige des heures de bus ou qu’il lui faut manger les spécialités locales aux goûts si différents.

Ce qui étonne encore un peu plus nos compagnons de voyage, c’est d’apprendre que nous ne rêvions pas de découvrir l’Asie du sud-est. Éden du backpacker, elle s’est présentée à nous comme possibilité de voyage parce que c’était l’occasion d’y retrouver des copains. Et puis parce que nous n’y serions jamais allés pour une durée plus courte.

Pendant le voyage à vélo, nous n’avons guère eu le temps de préparer la suite de nos aventures, et c’est en grands ignorants que nous avons découvert la Thaïlande, le Laos, et à présent le Vietnam. Ignorants, et plein de préjugés, positifs ou négatifs, avec cette idée que tous ces pays seraient un peu les mêmes. Ça nous bouscule un peu de nous apercevoir que ce n’est pas du tout le cas, et on a l’impression s’en savoir un peu plus sur le monde.

Nous avons adoré Hanoï, notre première grande ville d’Asie (nous ne visiterons Bangkok qu’avant de repartir) ; c’était une frénésie continue de gens, de scooters, de bus, de restaurants de rue, dans laquelle nous avons été contents de retrouver Sidonie, dix ans après avoir partagé sa maison avec sa famille en Guyane. On nous avait beaucoup mis en garde contre le Vietnam, et notamment les arnaques envers les touristes, mais malgré une petite aventure dans le bus de nuit (nous n’avions pas de reçu et plus de tickets alors qu’il fallait changer de bus et justifier du paiement du trajet dans son entier), tout se passe bien pour le moment. Bien sûr les sollicitations sont un peu plus pressantes et les vendeurs de rue, cireurs de chaussures, employés d’hôtels et de restaurants ou chauffeurs de taxi sont parfois difficiles à éloigner, mais nous avons fait de bien belles rencontres (l’occasion d’un prochain portrait !).