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Kattegatleden, cycling airelles way

De grandes grues interminables s’agitent en bord de fjord. De gigantesques docks et des transpalettes géants pour tout accueil. Nous y sommes, de retour, à Göteborg, après dix ans de disette, et l’appel des produits d’origine que les succédannés d’Ikea n’ont su satisfaire à portée de palais.

A la sortie de la bouche du ferry, les briques sont légion. Jaunes, ocres ou rouges, elles tapissent les murs des immeubles surplombés de toits en zinc, bleu gris avec le temps. Notre objectif est très clair : se régaler. Direction donc Smacka, qui veut dire « se régaler ». Kötbullar, gravlax på bordet, et la vie est belle. Pas de photo pour témoigner, nous étions trop concentrés. Ah, les prix nous permettent enfin d’aller au resto et de pouvoir mettre nos idées en actes : marmot vélo resto ! Ces gourmandises avalées, nous avons trouvé un coin de parc en bordure de ville. Ni vue (sauf par les joggeurs matinaux) ni connue, la tente n’est restée montée qu’entre 23h et 7h du matin !

La côte sud ouest de la Suède a des accents de Côte d’Azur le long de certains troncons. Les coins bivouac sont plus compliqués à trouver qu’en Norvège et nécessitent des repérages sur carte à l’avance. Un soir dans une réserve naturelle dans un abri en bois après 20 minutes de marche à pied, un soir au camping, contraints par l’heure et le manque de spots au bord du chemin, un soir dans un sous-bois conseillé par des voyageurs dans le sens inverse, etc.

Dans le sillon de nos pédales nous croisons des éclats pourpres et blancs de peignoirs, tranportés la plupart du temps par de bedonnants couples cinquante- ou soixantenaires qui viennent s’ébrouer dans l’eau apres leur dîner (c´est-à-dire à 17h). On les distingue sur l’horizon par leur démarche hésitante pour garder leurs pantoufles aux pieds.

Des sites d’observation des oiseaux migrateurs invitent les cyclistes à enfourcher des jumelles. Tapie dans l’ombre, Zélie en profite pour vérifier si Niels Holgersson ne fait pas partie du groupe d’oies sauvages devant la hutte d’observation. Négatif capitaine, il faudra reussir à dépasser la page 30 du livre pour connaître la suite.  » De toute facon, il y a pas assez d’images » nous confie t-elle.

De douces rencontres ont rendu nos litteries moelleuses, ont caressé nos estomacs et reactivé notre suédois. Kristina, Algot et Malvina à Halmstad, Emma, Anders, Stina et Signe à Melbystrand. Revoir Emma et sa famille 10 ans après m’a vraiment touché. On les a épuisés. Ils ont mis les petits plats dans les grands alors que c’était la rentrée pour eux. Nous avons pu goûter le gâteau de boeuf aux pruneaux et sa sauce brune bordée de confiture d’airelles, la soupe de saumon et cabillaud et le petit déjeuner de gröt, avoine cuite dans du lait à laquelle on ajoute des fruits de saison, myrtilles et autres baies du coin.  Zélie a enfin depassé la barrière de la langue et joué avec sa copine Signe par signes, amours et trahisons !

Quelques créatures étranges ont pertubé notre avancée sur le parcours. Nous les avons observées attentivement : elles mangent de l’herbe, font demi-tour quand elles touchent un mur et tentent de s’échapper de la propriété de leur maître pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Moralité, les pelouses suédoises sont des déserts pré-pubères, dont l’épilation quotidienne est le centre d’intérêt principal des commérages entre voisins interposés. Les norvégiennes étaient plus touffues.

Copenhague se profile, nous allons nous fondre dans la masse !