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Mais où sommes-nous ?

Nous avons enfin réussi à récupérer les photos de nos divers appareils pour pouvoir les poster, voici donc un condensé des trois dernières semaines !

Chiang Rai et son incroyable temple blanc, premier temple moderne que nous avons visité, avec une fresque invraisemblable qui représente des événements et personnages très récents (le guerre du Vietnam, le 11 septembre, Matrix, les Minions, Spider-Man…?!) :

Traversée de la frontière entre la Thaïlande et le Laos, et deux jours de bateau sur le Mekong, de Huay Xai à Luang Prabang.

Luang Prabang, ancienne ville coloniale, très jolie, petite, calme, et très très touristique – on y trouve des viennoiseries (aussi chères qu’en France) !

Muang Ngoi et Nong Khiaw, deux bourgades au nord de Luang Prabang, le long de la jolie rivière Ngoi, où nous avons fait de belles balades et une journée de kayak :

 

 

Poulet n’a qu’un bras

Une petite table sur le bord de la piste en latérite et quelques beignets de banane. Je cherche un goûter dans les rues de Muang Ngoi, entre coq à crêtes et poussins déplumés.
La vieille dame m’en demande 2000 kips, soit 20 centimes d’euros les trois. J’accepte mais mes doigts laborieux s’emmêlent avec les billets. Dans cet imbroglio de millions, une voix claire tente de sauver pouce et index : « it is two thousand kips ». Mes yeux tombent alors sur un moignon, un joli minois et un sourire en bandoulière. De sa main droite, il attrape les bons billets et les file à la vieille.

Kaï (Poulet en lao) a 32 ans. Il en paraît dix de moins et donne un coup de vieux à tous les farangs et tongtongs du coin. Une bombe lui a explosé l’avant-bras gauche à 12 ans. Son petit bras hypnotise notre fille et nous force à poser des questions. Durant la guerre du Vietnam, 3 millions de bombes ont été larguées sur le Laos. Il est estimé que 30% n’ont pas explosé, transformées en mines anti-personnel. Sur les sentiers, on trouvera souvent des écriteaux nous invitant à ne pas nous écarter du chemin.

Kaï est resté sur le carreau avec ces jouets restés sur place. Certaines épreuves donnent du courage. Du village rasé par les bombes dans les années 70, il est parti pour la ville, à une heure de pirogue puis quatre de bus. À Luang Prabang, il a étudié l’anglais et est devenu professeur mais aussi hôtelier.

Quand son père est mort d’un cancer du foie, comme beaucoup d’hommes au village apparemment, il est revenu aider sa mère et monter un magasin communautaire pour les femmes veuves ou divorcées.

Zélie a fini par oublier le bras en moins. Depuis, la Pastèque est tout de même le pays le plus bombardé du monde. Espérons que les mêmes équipes de déminage viendront nourrir autrement son imaginaire.

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