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Hipster CPH

Depuis le début de notre voyage, nous avons passé plusieurs nuits en « Warmshowers », cette communauté virtuelle de cyclistes qui s’inscrivent sur le site internet pour proposer le gîte et une douche chaude aux cyclistes de passage ou pour demander l’hospitalité, sur un principe de réciprocité. Une fois rentré chez soi, rien de plus normal que de rendre la pareille !  Helle et Jan à Bergen, Miriam à Haugesund, Carsten à Frederikshavn, Kristina à Halmstad, c’est toujours un plaisir de dormir au sec, de pouvoir faire une lessive, et surtout de rencontrer nos hôtes qui se sont toujours montrés adorables, serviables et très intéressants – histoires de voyages à vélo, conseils, renseignements, différences culturelles, nos séjours nous paraissent chaque fois trop courts et les sujets de conversation intarissables.

Et puis il y a aussi les petits miracles, comme cette famille en vacances qui nous a laissé les clés de son appartement que nous avons occupé librement cinq jours à Copenhague, dans un quartier de rêve, plein de magasins de vélos, de petites échoppes et d’innombrables cafés. Quelle meilleure manière pour découvrir un lieu ?!

Alors nous avons sillonné la ville comme de véritables locaux, heureux de retrouver chaque jour notre chez-nous tellement parfait, avec ses coffres pleins de jouets, ses vinyles à écouter en boucle, la buanderie commune à tout l’immeuble et l’immense jardin intérieur pour tout le pâté de maison. À première vue la ville peut apparaître comme étant très minérale, de grands espaces verts mais peu de verdure au pied des immeubles, mais passez seulement sous un porche et vous découvrirez ces oasis garnies de jeux pour enfants, barbecues et abris à vélo par centaines ! Une bien belle découverte pour nous, thank you so much Andreas !

Schnell !

Difficile remise en selle après les cinq jours d’agapes quotidiennes à Copenhague. Soucis de vélo pour Sandrine, rien de grave mais un pneu arrière complètement mort, qui a perdu toute sa rigidité et qu’il a fallu changer ; des shelters difficiles à trouver; nous nous sommes même perdus une ou deux fois – et puis tout est rentré dans l’ordre. Nous avons retrouvé le rythme du voyage, et le plaisir d’être dehors. La suite n’est qu’un long défilé de paysages ruraux assez plats (très très plats selon les standards norvégiens !), de grandes fermes, des vaches, des champs de blé moissonnés, de l’avoine et du maïs encore sur pied et des éoliennes à l’horizon. Nous avons battu nos records de distance et de vitesse, sans trop d’efforts, et pu profiter des shelters danois tout au long de notre route. Copenhague-Rødbyhavn, le ferry vers Puttgarden, nous voici en Allemagne pour une nuit, avant de sauter dans un train, puis deux autres, direction les Pays-Bas ! Cinq heures de train et au moins 500 km, c’est allé vite, très très vite !

Quand on partait sur les chemins…

Il y a des vélos partout au Danemark ! Plus encore que vous n’imaginiez. Et puis il y a toutes sortes de vélos  au Danemark. Des vieux vélos, des vélos neufs, des vélos hollandais, des vélos anglais, des vélos de course, des vélos-cargos, des triporteurs, des charrettes pour transporter les courses, les enfants, la voisine, le chien…

À Copenhague, la circulation de tout ce beau monde se fait de façon hyper organisée, et nul n’est censé ignorer la loi. Attention donc aux incartades, on ne rigole pas avec la circulation cycliste qui se déplace à une moyenne kilométrique effarante. De 6 à 106 ans, c’est 20 km/h, pas moins, et gare aux touristes-escargots. Coups de sonnette pour dépasser, coups de sonnette si on est mal garés, klaxons d’autobus si on s’est mal débrouillé. Nos premiers coups de pédale dans la capitale n’ont pas été faciles. Qui a dit que le vélo était fait pour flâner ? Concentration maximum, je n’oublie pas de faire des gestes avant de tourner, mais aussi avant de m’arrêter. Aux intersections,  diagonale interdite, si je veux traverser tout le carrefour, c’est arrêt obligatoire à tous les feux. Et pas de passage au rouge sans jeter l’opprobre sur ses descendants sur sept générations. D’ailleurs l’office de tourisme édite même un guide en plusieurs langues pour que tous fassent comme il le faut.

Alors on s’est adapté,  danifié,  transformé, et tout s’est bien passé. Parce qu’il faut quand même le dire, au Danemark tout est fait pour les vélos. Les pistes cyclables sont gigantesques, il y en a partout, et en ville c’est décidément le meilleur moyen de se déplacer !

Il a fait chaud et beau…

… et puis c’était plat… alors on a roulé, roulé, roulé !

De Kristiansand, nous avons pris le ferry pour une incursion au Danemark tout d’abord, et le choc du plat à perte de vue en arrivant avec le bateau. Plus une colline à l’horizon, mais des paysages très agricoles, et des cueilleurs de chanterelles aux paniers bien garnis dans tous les fossés !

L’occasion de découvrir une merveille danoise, les « shelters », ces abris qu’on peut trouver un peu partout, où l’on peut dormir gratuitement, soit dans des cabanes à trois pans, soit dans la tente aux endroits dédiés. Ils sont souvent à proximité d’un point d’eau ou de toilettes, et parfois équipés d’un grand foyer à grillades. Toutes les informations sur les shelters sur le site www.udinaturen.dk

Nous avons passé une nuit en Warmshowers, la première depuis Haugesund, chez Carsten, un passionné de vélo et de voyages à vélo, qui nous a reçus comme des rois, avant de reprendre un bateau vers Göteborg, retour en Suède pour Yannick 10 ans après l’avoir quittée !